Céline BAQUIE

 

Le poète Alain Péglion, dit Alan Pelhon, né en 1946, mort en 1994, originaire de Coaraze (Alpes-Maritimes) demeure aujourd’hui pratiquement inconnu dans le domaine des études occitanes, et à plus forte raison du grand public. Bien que Pelhon soit évoqué par Philippe Gardy dans ses travaux, retenu par Giovanni Agresti dans sa Nouvelle anthologie de la poésie occitane, mentionné avec émotion en tant que « nòstre darrier poèta d’òc en lenga niçarda » par Robert Lafont dans son discours écrit pour la remise du Grand Prix Littéraire de Provence (2007), aucun travail de fond ne lui a pourtant été consacré. Nous nous proposons d’accomplir ce travail dans le cadre d’un Master en Langue Française (Université de Paris-Sorbonne, Paris IV). Dans notre communication, nous souhaiterions mettre en lumière les aspects les plus saillants de l’œuvre poétique française et occitane (en partie inédite) de Pelhon en nous interrogeant sur son rapport personnel au langage dans le contexte particulier du choix de l’auteur d’écrire dans une langue dévalorisée et en péril. Nous pourrons ainsi articuler notre intervention autour de trois axes. Partant de l’amour du poète pour les mots et pour sa langue (spécificités d’une syntaxe nominale, d’un vocabulaire poétique, jeux de langage, jeux de mots),  nous étudierons dans un second temps la malédiction dont sont frappés le langage  ainsi que ses utilisateurs (mots atteints de maladies étranges, hommes sans voix), pour nous pencher enfin sur l’évolution du parcours poétique de Pelhon, qui va d’une quête effrénée de la parole (avec des poèmes comme « Calria que vos diguèssi – Il faudrait que je vous dise ») à la résignation au silence face à la défaillance inévitable des mots (« Calria sobretot si taiser – Il faudrait surtout se taire »).

 

OCCITAN

 

 

 

ENGLISH

 

The poet Alain Péglion, known as Alan Pelhon, a native of Coaraze (Alpes-Maritimes), remains virtually unknown in the field of Occitan studies, and even more so to the general public.  Although Pelhon is mentioned in Philippe Gardy’s work, included in Giovanni Agresti’s Nouvelle anthologie de la poésie occitane, and described with feeling as ‘nòstre darrièr poèta d’òc en lenga niçarda’ by Robert Lafont in his speech for the Grand Prix Littéraire de Provence ceremony in 2007, he has never formed the object of an in-depth study.  I propose to undertake such a study as part of my Master en Langue Française (Université de Paris-Sorbonne, Paris IV).  In this presentation, I aim to bring out the most striking aspects of Pelhon’s (partially unpublished) poetic oeuvre in French and Occitan, through investigation of his personal relationship with language in the specific context of the author’s decision to write in a devalued and imperilled language.  The presentation can hence be structured around three main points.  Beginning with the poet’s love of words and his language (particularities of nominal syntax and of poetic vocabulary, plays on language, plays on words), I will then proceed to consider the curse afflicting language and language users (words suffering strange illnesses, men without voice), before turning to Pelhon’s poetic development, which moves from a frantic quest for speech (with poems such as ‘Calriá que vos diguèssi – Il faut que je vous dise’) to a resigned silence in the face of the inevitable failure of words (‘Calriá sobretot si taiser – Il faudrait surtout se taire’).

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