Stéphane BOURDONCLE

 

L’architecture d’une telle approche croisée de l’occitan s’éloigne des sentiers d’une histoire culturelle classique, du fait du caractère discret des éléments étudiés. Quelle histoire écrire, une histoire sociolinguistique des usages manuscrits et oraux, de l’occitan, en situation de diglossie, entre les XIVe siècle et XXe siècle.

L’espace retenu est celui du département actuel du Tarn-et-Garonne, qui offre un intérêt particulier dans le cadre de cette étude, par la situation centrale dans le domaine occitan occidental, à cheval sur deux zones dialectales bien différenciées : languedocienne et gasconne. Les limites chronologiques sont éloignées à dessein afin d’embrasser une période qui du point de vue linguistique permet de mesurer les évolutions lentes des usages d’une langue. Un tel choix doit se justifier et être placé dans une logique historique diachronique.

Étudier une langue et les traces de sa pratique, n’est pas facile, d‘autant plus que celle-ci a évolué avec le temps. En outre, les manuscrits renferment les couches stratigraphiques de la parole rapportée, dont la dimension sonore et phonologique est très largement dissimulée derrière l’entreprise de francisation des scribes francophones. Cette étude propose une réflexion sur les notions croisées de langue et de société, de langue et de pouvoir que les personnes exercent et dont elles disposent à différentes échelles et à divers niveaux, ainsi que sur les représentations associées au système et à ses pratiques, structures interne et externe de l’histoire de la langue.

Une foule de questions assaillent le chercheur : celle des ruptures dans l’évolution de la diglossie, celle des permanences, comment catégoriser des usages, comment les identifier.

 

OCCITAN

 

ENGLISH

 

The structure of this type of mixed approach to Occitan veers away from the path of a traditional cultural history, by virtue of the modest nature of the objects of study.  What history should we write, as a sociolinguistic history of written and oral usage of Occitan in a diglossic situation from the fourteenth to the twentieth century?

The geographical area investigated is the area comprising the modern département Tarn-et-Garonne, which presents a particular interest within the framework of this study, due to its location at the centre of the western Occitan-speaking area, astride two clearly differentiated dialect zones: Lengadocian and Gascon.  The chronological boundaries are deliberately wide, in order to take in a period which from a linguistic point of view allows us to measure the slow developments in the uses of a language.  Such a choice must be justified and form part of a coherent diachronic historical approach.

It is not easy to study a language and the traces of its use, all the more so as this latter has changed over time.  Moreover, the strata of reported speech are locked in manuscripts, where their phonological dimension is significantly veiled by the French-speaking scribes’ Frenchifying efforts.  The present study offers a reflection on the interlocking notions of language and society, language and the power exercised by people and available to them at different levels and on different scales, and on the representations associated with the system and its use, internal and external structures in the history of the language.

 A multitude of questions confront the researcher: that of rupture in the evolution of diglossia, that of continuity, how to categorise usages and how to identify them.

%d blogueurs aiment cette page :