Jean-Baptiste CAMPS

 

Si nous pouvons aujourd’hui parler des cansos de Giraut de Bornelh ou des sirventés de Bertran de Born, c’est que nous avons hérité d’une répartition des oeuvres de la lyrique occitane par genre et par auteur, qui est en grande partie tributaire de ces premières anthologies que sont les chansonniers.

En effet, c’est avec ceux-ci, et plus particulièrement avec ceux originaires de Vénétie, que ce qui était auparavant essentiellement oral, prend une forme définie, se fixe pour devenir un objet de connaissance. Cette formalisation se fonde sur une division claire des genres, mais aussi sur une

considération nouvelle du troubadour en tant qu’auteur. Cette dernière est visible dans la forme même des manuscrits qui font voisiner, au début des oeuvres de chaque troubadour, le texte de sa vida ainsi qu’une miniature le représentant (ce qu’on a pu qualifier de « biographies » et de « portraits »).

Les compilateurs ont cherché à distinguer chaque troubadour, à exposer ce qui le caractérise, explicitant ainsi son oeuvre par le biais d’un langage à la fois textuel et iconographique, qui se décline sur le mode médiéval de la variance. La compréhension de ce langage nécessite une étude globale, à la fois codicologique, iconographique et philologique, qui ne peut être complétée que par le truchement d’une mise en série, faisant appel aux possibilités que procure l’outil informatique.

La communication pourra fonctionner autour de deux axes :

– Le premier, méthodologique : l’analyse informatique, ses principaux outils et les possibilités qu’ils offrent au chercheur, notamment en matière d’analyse sérielle et statistique d’un corpus d’images et de textes.

– Le deuxième, nous mettant en prise avec le coeur de l’étude : le vocabulaire de l’image et le lien très étroit que celui-ci entretient avec le vocabulaire du texte, en l’occurrence celui des vidas, ce qui pourra être illustré au travers de l’analyse d’exemples précis (ex. : les troubadours figurés « en armes », les jongleurs, . . .).

 

OCCITAN

 

 

ENGLISH

 

If we can speak today of the cansos of Giraut de Bornelh or the sirventés of Bertran de Born, this is because we have inherited a classification of Occitan lyric works by genre and by author which largely owes its existence to those first anthologies, the chansonniers. 

It is in the chansonniers, and particularly those which originate from the Veneto, that something initially of an essentially oral nature takes on a definite, fixed form, and becomes the object of knowledge.  This formalisation proceeds from a clear division of genres, but also from a new conception of the troubadour as author, visible in the very form of the manuscripts, in which the works of each troubadour are introduced by the text of his vida together with a miniature representing him (elements which have been described as ‘biographies’ and ‘portraits’).

The compilers sought to distinguish each troubadour, and to identify what characterised him, thus explaining his work through a language both textual and iconographic, presenting typically mediaeval variation.  To understand this language requires a study which simultaneously takes account of codicology, iconography and philology, and which can only be completed by placing the texts in order, with recourse to the possibilities offered by computer technology.

The presentation is structured around two key issues:

– Firstly, the methodological approach: computer analysis, the principal tools it makes available and the possibilities these offer the researcher, particularly for serial and statistical analysis of a corpus of images and text.

– Secondly, the central point of the study: the vocabulary of the image and its close link to the vocabulary of the text, in this case the text of the vidas, a link illustrated by analysis of specific examples (eg, troubadours depicted bearing arms, jongleurs, …).

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