Huw GRANGE

 

Few would deny that hagiography has been a neglected genre in studies of medieval vernacular literature. But as saints’ Lives in French and Anglo-Norman attract more and more attention, Occitan Lives continue to be almost entirely neglected, marginalized within a marginalized discipline. And yet the extant corpus contains a number of literary gems, in addition to the expected slavish translations of Latin Lives.

Considering the number of Occitan saints’ Lives that have come down to us, it is remarkable how many contain a central encounter between a saint and a dragon. Vernacular authors translate, rework, and – in many cases – elaborate considerably on the representations of the saint’s monstrous opponent they find in Latin Lives. Unlike his Latin predecessor, for instance, the Occitan author of the early thirteenth-century Life of St Enimia delights in the corporeality of the dragon as its blood is shed by Bishop Yles; the author of the fourteenth-century Florence version of the Occitan Life of St Margaret, meanwhile, takes each attribute of the dragon as described in his Latin source and expands on it. But vernacular authors also have to make crucial decisions about what their dragons symbolize: is the dragon simply a symbol of an age-old, long-forgotten, heathen enemy, or is the monster conflated with more contemporary enemies, Muslims encountered on crusade, Jews or even proto-national groups?

In this interdisciplinary paper I shall examine to what extent the visual representations of dragons we find in thirteenth- and fourteenth-century manuscripts – and bestiaries in particular – complement our understanding of dragon symbolism in the Occitan Lives of St Enimia, St George, St Honorat and St Margaret. Hagiography is often considered to be a conservative genre, but the community founded when a saint slew a dragon is in flux and always in need of designating and re-designating its inimical Others.

 

 

FRANÇAIS

 

Peu nombreux sont ceux qui nieraient le délaissement du genre hagiographique par les études de littérature vernaculaire médiévale. Mais, alors que les Vies de saints en français et anglo-normand attirent de plus en plus l’attention, les Vies occitanes continuent d’être presque entièrement delaissées, marginalisées à l’intérieur d’une discipline marginalisée. Et pourtant, le corpus existant contient un nombre de merveilles littéraires, en plus des traductions supposées conformes des Vies latines.

Considérant le nombre de Vies de saints occitanes qui nous est parvenu, il est remarquable d’observer combien contiennent une rencontre centrale entre un saint et un dragon. Les auteurs de langues vernaculaires traduisent, retravaillent et, bien souvent, s’étendent considérablement sur les représentations de l’adversaire monstrueux du saint qu’ils trouvent dans les Vies latines. Contrairement à son prédécesseur latin, par exemple, l’auteur occitan de la Vie de sainte Enimie, datant du début du XIIIe siècle, prend plaisir à décrire la corporalité du dragon alors que son sang est versé par l’évêque d’Yles; l’auteur de la version florentine du XIVe siècle de la Vie occitane de sainte Marguerite, pendant ce temps, prend chaque attribut du dragon, tel qu’il a été décrit dans la source latine et le développe. Mais les auteurs de langues vernaculaires doivent également prendre des décisions cruciales à propos de la symbolisation de leurs dragons: le dragon est-il simplement un symbol d’un ennemi païen, séculaire et oublié ou le monstre regroupe-t-il des ennemis plus contemporains, des musulmans rencontrés lors des croisades, des juifs ou même des groupes proto-nationaux?

Dans cette communication interdisciplinaire, j’examinerai dans quelles mesures les représentations visuelles des dragons trouvées dans les manuscrits des XIIIe et XIVe siècles, et les bestaires en particulier, complétent notre conception du symbolisme du dragon dans les Vies occitanes de sainte Enimie, de saint Georges, saint Honorat et de sainte Marguerite. L’hagiographie est souvent considérée comme un genre conservateur mais la communauté fondée lorsqu’un saint pourfend un dragon est fluide et a un besoin constant de désigner et de re-désigner ses Autres hostiles.

 

 

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