Ivan VISKOVIC

 

J’ai envisagé ma communication comme un essai de typologie de plusieurs parlers occitans de la vallée du Lot et des monts de Lacaune où j’avais effectué des recherches pendant presque un an en 2007 et en 2008. De mon point de vue, la faiblesse fondamentale de la classification traditonnelle des parlers occitans réside dans le mélange des traits diachroniques et synchroniques (tel le cas de P. Bec qui, pour délimiter l’occitan central de l’auvergnat, avait pris comme trait  discriminatif principal l’évolution de la séquence latine -CA- , tandis que pour délimiter le premier du provençal il avait utilisé les traits morphologiques synchroniques (l’article défini au pluriel). Une approche monographique, considérant des parlers isolément et étant basée sur des critères phonologiques, montrerait une image profondément différente de la typologie de ces parlers. Ceux ayant -CA- palatalisé, par exemple, peuvent avoir le même système phonologique que ceux qui ont gardé cette séquence non palatalisée. Des éléments lexicaux et morphologiques employés en tant que traits distinctifs supplémentaires nous permettront de relever ce qu’on pourrait appeler des  »archilangues », et de repérer les directions de la désintégration et des réfections des  »archisystèmes ». Mes analyses sont faites essentiellement à partir des enregistrements des locuteurs occitanophones, avec un questionnaire comprenant des questions générales sur les informateurs et sur l’usage de l’occitan dans leurs communautés, mais aussi à partir d’une liste d’environ 300 questions relevant un léxique élémentaire (parties du corps, famille, jours de la semaine, saisons, habitation, outils, vêtements, nature, conditions atmosphériques, animaux, arbres, fruits, légumes, etc.) et des éléments de la morphologie des parlers en question aussi bien que des élements lexicaux choisis uniquement pour leur intérêt phonologique.

 

OCCITAN

 

ENGLISH

 

This paper is intended as a first attempt at typological classification of a number of Occitan varieties spoken in the Lot valley and the Lacaune mountains, where I conducted research for almost a year in 2007 and 2008.  In my opinion, the fundamental failing of the traditional classification of Occitan varieties resides in its mixture of diachronic and synchronic features (consider for example P. Bec, who takes the development of the Latin string –ca– as his principal criterion for discriminating between Central Occitan and Auvergnat, but distinguishes the latter from Provençal on the basis of synchronic morphological features (plural definite article)).  A monographic approach, based on phonological criteria and considering each variety in isolation, would offer a very different picture of the typology of these varieties.  Those which present palatalisation of –ca-, for example, may present the same phonological system as those in which palatalisation of this string has not occurred.  Lexical and morphological items referred to as additional distinctive features allow what might be termed ‘archilangues’ to be identified, together with the directions of disintegration and repair of ‘archisystèmes’.  My analyses are essentially based on recordings of native Occitan speakers, with a questionnaire comprising general questions on the informants and the use of Occitan in their communities, but also on a list of approximately 300 questions eliciting an elementary lexis (parts of the body, days of the week, seasons, houses, tools, clothes, nature, weather conditions, animals, trees, fruits, vegetables, etc) and aspects of the morphology of the varieties in question, as well as lexical items chosen specifically for their phonological interest. 

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